Vous êtes ici : Accueil>
Solidarité internationale

Irréductibles Sahraouies...

Article mis en ligne le 04-12-2017 permalien

Michèle Decaster, auteure du livre "Irréductibles Sahraouies*, femmes et hommes en résistance" présentait son ouvrage le 2 décembre, à la médiathèque.


Michèle Decaster et Hassanna Abba pendant la présentation du livre "Irréductibles Sahraouies".

La secrétaire de l’Association française d’amitié et de solidarité avec les peuples d’Afrique devait être accompagnée par Aghlana El Hamdi, journaliste sahraouie qui réside au Sahara occidental occupé, mais sa demande de visa a été rejetée du fait que le motif de son voyage n’était pas « fiable » selon les autorités. Il faut savoir que c’est une société marocaine qui instruit les dossiers pour le Consulat de France…

C’est donc Hassanna Abba, membre de l’Association Sahraouie des Victimes des violations graves des droits de l’Homme commises par l’Etat marocain (ASVDH) qui était présent aux côtés de Michèle Decaster et d’Alban Bruneau, maire, qui a ouvert la rencontre en réaffirmant le soutien indéfectible de la Ville pour le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. Marie-Claire Doumbia (adjointe au maire chargée des Solidarités), Sandrine Fontaine (conseillère municipale déléguée aux Relations internationales et à la Culture de Paix) et des représentants du comité de jumelage participaient également au rendez-vous.

En 482 pages, le livre de Michèle Decaster dresse une soixantaine de portraits où l’on retrouve notamment Aminatou Haidar (reçue à Gonfreville l’Orcher en 2006), Naâma Asfari (militant condamné injustement à 30 ans de prison et qui est le sujet du film Dis-leur que j’existe vu à l’ECPC en janvier en présence de Claude Mangin son épouse) ou Sidi Mohamed Daddach que l’on surnomme le Mandela sahraoui.

Michèle Decaster collecte des témoignages depuis 2009 pour donner corps à la Résistance qui lutte contre l’occupation coloniale marocaine au Sahara Occidental. « Ce sont tous des témoignages à visage découvert, note l’auteure. Ce sont des personnes courageuses. Il faut faire entendre leur voix. Il ne s’agit pas que de la parole de vieux militants qui parlent de ce qu’il s’est passé en 1975 avec la Marche verte. C’est aussi la parole de gens d’aujourd’hui, de jeunes, y compris d’enfants blessés et torturés par la police marocaine, qui ne veulent pas de cette colonisation.  » Au fil des témoignages, le livre donne du relief à la résistance multiforme qui s’exprime dans les rues, dans les prisons, dans les bagnes… furtivement ou plus spectaculairement comme en 2010 avec la création du camp de Gdeim Izik, près de El-Ayoun, qui, durant un mois, a mobilisé des milliers de Sahraouis avant d’être réprimé sauvagement par les autorités marocaines. Ce fut la première secousse de ce qui fut appelé le Printemps arabe.

Aller au Sahara Occidental pour observer la situation est difficile et risqué. On se souvient de l’expulsion de Jean-Paul Lecoq, alors député maire de Gonfreville l’Orcher, en 2010. Michèle Decaster a purement et simplement été enlevée par la police marocaine en 2014. « A la sortie de mon livre, on comptait 162 personnes qui ont été empêchées d’aller au Sahara Occidental. Ce chiffre va être vite périmé... » En effet, que l’on soit députés, français ou européens, journalistes, représentants d’organisations humanitaires reconnues, rien n’y fait. On ne passe pas.

Le livre de Michèle Decaster donne la mesure de la détermination du peuple sahraoui qui mène une impressionnante intifada pacifique. Bombages de murs, poses de banderoles, distribution de tracts, accrochages de drapeaux aux fils électriques, manifestations, grèves de la faim…, tout est bon pour marquer la solidarité, communiquer avec l’extérieur, résister. Certaines femmes vont jusqu’à dessiner le drapeau sahraoui sur leurs sous-vêtements pour tenir tête aux policiers qui cherchent souvent à les humilier en les déshabillant dans les rues.

Il y a des pages sombres dans ce livre. Il y a également l’écho de moments festifs à travers des témoignages personnels puissants. Un vrai tour de force. « Dans notre culture, il n’est pas facile de parler de soi, explique Hassanna Abba. C’est toujours le groupe, le collectif, qui l’emporte. Les Sahraouis refusent toujours de parler d’eux-mêmes. Ils n’auraient pas non plus le temps et les moyens d’interviewer des gens et d’écrire un livre. C’est pourquoi le livre de Michèle Decaster est important. »

Le livre Irréductibles Sahraouies est édité aux éditions La Grange et disponible sur le site de l’AFASPA. 25 euros.

* Le titre volontairement féminisé remet à l’honneur une ancienne règle de la langue française qui donnait la priorité au féminin au… Moyen âge. Une règle qui fut appliquée jusqu’au 18ème siècle. L’auteure a ainsi voulu souligner la part essentielle des femmes dans la résistance sahraouie au Sahara Occidental.

Retrouvez plus de photos sur la page Facebook Ville de Gonfreville l’Orcher.



Enregistrer au format PDF

Voir tous les évènements


WEB TV

PROGRAMMATION CINÉMA MUNICIPAL

Programmation Cin�ma Municipal