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Solidarité internationale

Non au trafic illégal des richesses sahraouies

Article mis en ligne le 21-01-2017 permalien

Une fois n’est pas coutume, c’est dans le port de Fécamp que le comité de jumelage de Gonfreville l’Orcher et l’association Un Camion citerne pour les Sahraouis, soutenus par la municipalité, appelaient à un rassemblement le 20 janvier. Objectif : dénoncer la venue du Key Bay, un navire transportant de l’huile de poisson provenant des eaux sahraouies.


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Des associations sahraouies participaient à l’action du comité de jumelage de Gonfreville l’Orcher.

C’est dans un froid glacial que Gonfrevillais et Havrais, rejoints par de nombreux Sahraouis attendaient le Key Bay en fin d’après-midi. Ce bateau battant pavillon de Gibraltar a rempli ses cales d’huile de poisson à Layoune, port du Sahara Occidental occupé par le Maroc.

Un chargement illicite si l’on se réfère à l’arrêt que la Cour de justice de l’Union européenne a pris le 21 décembre 2016 pour stipuler que le Sahara Occidental et le Maroc sont deux territoires distincts relevant de souverainetés distinctes. Les accords commerciaux conclus entre le Maroc et l’Union européenne ne peuvent donc pas s’appliquer aux richesses venant du Sahara Occidental occupé. Les ressources halieutiques sont l’une des richesses sahraouies.

Régulièrement, le Key Bay vient livrer sa cargaison à la société Olvéa, entreprise spécialisée dans les huiles végétales et de poisson. Ce fut plusieurs fois le cas depuis au moins 2014. Le dernier passage remonte à septembre 2016. Le comité de jumelage de Gonfreville l’Orcher a adressé un courrier de protestation au PDG de la société le 19 janvier en pointant les contradictions flagrantes qu’il y a entre la charte éthique qu’elle affiche et ses pratiques. « Nous avons noté avec beaucoup d’attention votre engagement, dans le cadre d’une charte, que votre entreprise Olvéa contribue à promouvoir et faire vivre ses valeurs de solidarité, de générosité et de respect. Aussi nous sommes particulièrement surpris de constater que vous vous apprêtez à enfreindre la loi et les règles internationales. (…) Vous ne pouvez ignorer que cette cargaison provient de la pêche réalisée dans les eaux territoriales du Sahara Occidental, pays occupé illégalement par le Maroc. »

Le même jour, par la voix de son maire, la municipalité a également réagi en interpellant Bernard Cazeneuve, le Premier ministre. « Afin de respecter pleinement le droit international, la décision exécutoire de la Cour de justice de l’Union européenne, ainsi que la souveraineté du Sahara Occidental, je vous prie de vérifier la conformité du certificat des produits qu’il transporte au regard du droit européen. Dans l’hypothèse où le certificat indiquerait une marchandise n’ayant pas reçu l’autorisation d’exportation du Front Polisario, seul représentant habilité à valider de tels certificats, je vous encourage à saisir la direction interrégionale des Douanes de Rouen afin d’arrêter le navire et de saisir sa cargaison. »

Dans un courrier adressé à Michel Sapin, ministre de l’Economie et des Finances, les eurodéputés José Bové et Karima Delli ont également demandé une intervention des services de l’Etat afin d’« éviter une potentielle violation du droit européen et de la récente jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne. »

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Prise de parole au milieu du port de Fécamp.

Attendu en principe en fin de journée à Fécamp, le Key Bay n’a jamais montré le bout de son étrave. Il était même impossible de localiser sa position en mer… En attendant vainement le bateau fantôme, banderoles et drapeaux sahraouis, rejoints par des bannières de la CGT locale, ont flotté dans le port de Fécamp pendant quelques heures. Une agitation peu ordinaire parfois saluée par les passants. Si les membres des associations sahraouies étaient choqués de voir que le Maroc, une fois de plus, piétinait le droit international, tous étaient déterminés pour revenir si besoin afin de dénoncer le trafic illégal des richesses sahraouies.

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La plainte déposée par le Front Polisario a été très médiatisée.

Plus tôt dans la journée, deux autres démarches étaient engagées par le Front Polisario. Une plainte a été déposée auprès de la direction interrégionale des Douanes de Rouen et une autre auprès du tribunal de grande instance du Havre. C’est une première. La plainte contre X relayée par maître Nicolas Capron, avocat mandaté par le Front Polisario, porte sur deux motifs : « tromperie sur l’origine » et « discrimination économique ».

A noter pour aller plus loin, la projection du film Dis-leur que j’existe (sur la situation de Naâma Asfari, militant sahraoui injustement emprisonné) le jeudi 26 janvier, à 18h, dans le cinéma de l’Espace culturel de la Pointe de Caux (ECPC). Entrée libre. Plus d’infos dans l’article Une histoire sahraouie.

Plus de photos de la journée sur la page Facebook Ville de Gonfreville l’Orcher.



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