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Solidarité internationale

Bienvenue à Oubi Bouchraya

Article mis en ligne le 19-01-2017 permalien

Le 18 janvier, la municipalité et le comité de jumelage recevaient Oubi Bouchraya, représentant permanent du Front Polisario nouvellement en poste en France.


Elus et membres du comité de jumelage ont fait la connaissance de Oubi Bouchraya.

Après avoir été ambassadeur de la République arabe sahraouie démocratique (Rasd) en Afrique du Sud, puis au Nigeria où il était doyen du corps diplomatique, Oubi Bouchraya est en poste en France depuis novembre. Une nomination qui intervient dans un moment particulier, dans un pays particulier. « La France est le pays qui nous pose le plus de problème, reconnaît le diplomate. La tâche est immense. La France est toujours dans la même position d’appui inconditionnel au Maroc. Si l’on ne réussit pas à arracher de la France ne serait-ce qu’une nuance sur sa position actuelle, rien n’avancera. Nous sommes condamnés à essayer. Grâce à la France, le Maroc résiste avec une couverture politique et médiatique. Ce n’est pas normal qu’un pays comme la France use de son droit de veto pour contrer l’application des Droits de l’Homme. »

En 2017, année électorale, que pouvons-nous espérer ? « Nous essayons d’avoir des contacts avec les candidats qui ne nous sont pas hostiles. Entre les socialistes et la droite, il n’y a pas beaucoup de différences sur la question sahraouie. Il faut exploiter aussi toutes les possibilités de contacts directs avec la société civile. Au fur et à mesure, nous avançons. Pour la première fois, des avocats français plaident pour des prisonniers politiques sahraouis dans le cadre du procès du camp de Gdeim Izik. Il y a aussi des observateurs français à ce procès. Cela devient plus compliqué pour le Maroc. Si en 2017-2018, nous obtenons cette nuance de la France, nous arriverons à une solution pacifique durable. En 2013, nous avions obtenu cette nuance avec les Américains. »

La visite de la ville, ici l’espace Mémoire des cités provisoires, était au programme de Oubi Bouchraya.

Avant de visiter la commune en compagnie d’élus et de représentants du comité de jumelage, Oubi Bouchraya a évoqué l’affaire du Key Bay qui concerne actuellement notre région. En septembre 2016, le Key Bay était venu dans le port de Fécamp décharger de l’huile de poisson provenant des eaux territoriales sahraouies via le port d’El-Ayoun situé au Sahara Occidental occupé par le Maroc. Une nouvelle livraison est attendue vendredi en fin d’après-midi. Le comité de jumelage, soutenu par la municipalité, appelle à un rassemblement sur place pour s’opposer au déchargement.

En décembre 2016, la Cour de justice de l’Union européenne a pris un arrêt stipulant que le Sahara Occidental et le Maroc sont deux territoires distincts relevant de souverainetés distinctes. Les accords commerciaux conclus entre le Maroc et l’Union européenne ne s’appliquant pas aux produits issus du Sahara Occidental occupé, le commerce de cette huile est illégal. L’arrêt va dans le même sens que la IVème convention de Genève qui stipule qu’une puissance militaire occupante comme le Maroc n’a pas le droit d’exporter les produits d’un pays occupé. Le 16 janvier, des parlementaires européens ont saisi la Haute représentante de l’Union européenne et le commissaire européen au commerce pour dénoncer la violation du droit européen si le déchargement était effectué. Le Front Polisario a par ailleurs porté plainte auprès de la Commission européenne et des autorités douanières françaises qui ont également été interpellées par le maire de Gonfreville l’Orcher.

Une action est prévue à Fécamp pour dénoncer la livraison d’huile de poisson venant des eaux sahraouies..

« L’action de la justice européenne est un grand événement pour nous. Il y a beaucoup d’éléments favorables. Nous sommes optimistes », souligne Oubi Bouchraya. Nous verrons très prochainement dans les faits comment l’arrêt de la Cour de justice est appliqué en France. Le comité de jumelage est vigilant. « Parce qu’à ce stade, nous ne sommes plus dans le commerce, mais dans le trafic illégal », affirment ses représentants.

A noter, la projection du film Dis-leur que j’existe (sur la situation de Naâma Asfari, militant sahraoui injustement emprisonné) le jeudi 26 janvier, à 18h, dans le cinéma de l’Espace culturel de la Pointe de Caux (ECPC). Entrée libre. Plus d’infos dans l’article Une histoire sahraouie.

Plus de photos sur la page Facebook Ville de Gonfreville l’Orcher.



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