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Solidarité internationale

Une action de solidarité avec les Sahraouis au Havre

Article mis en ligne le 27-10-2016 permalien

A l’occasion de la venue du maire de Tanger (Maroc) pour la signature d’un « traité d’amitié » avec la Ville du Havre, un rassemblement était organisé le 27 octobre sur le parvis de l’Hôtel de Ville du Havre pour dénoncer l’occupation marocaine au Sahara Occidental.


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Jean-Paul Lecoq, maire de Gonfreville l’Orcher, sur le parvis de l’Hôtel de Ville du Havre. Le référendum c’est maintenant !

Si toutes les personnes présentes* se réjouissent que des liens d’amitié et de paix puissent unir les peuples entre eux, elles tenaient à dévoiler ce qui se cache en fait derrière les opérations de promotion du Maroc, pays qui cherche par tous les moyens à redorer une façade meurtrie par quarante ans de violences coloniales au Sahara Occidental.

« De nombreuses instances internationales dénoncent la situation d’apartheid qui caractérise la politique de l’Etat marocain au Sahara Occidental, a souligné Jean-Paul Lecoq, maire de Gonfreville l’Orcher. Imaginez le scandale qu’il y aurait eu si la Ville du Havre avait signé un traité d’amitié avec Johannesburg au temps où l’apartheid sévissait en Afrique du Sud ! Depuis toujours, le Maroc cherche à séduire les hommes politiques français. Il assure par exemple à tous les députés qu’ils sont les invités permanents du royaume. Je ne sais pas si le maire du Havre deviendra aussi l’un de ces invités permanents, mais la signature de ce traité d’amitié tombe curieusement au moment où une entreprise marocaine va s’implanter dans l’agglomération. C’est elle qui a fragilisé la cimenterie Lafarge et il se trouve justement qu’elle va fonctionner avec du clinker qui proviendra du Sahara Occidental. Selon moi, les accords industriels ne passent pas avant les droits de l’Homme… »

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Les manifestant-e-s portaient des portraits de militants sahraouis emprisonnés.

En tapissant le parvis de l’Hôtel de Ville de banderoles et de drapeaux, les militant-e-s réclamaient l’application des résolutions de l’ONU, la tenue d’un référendum d’autodétermination pour le Sahara Occidental occupé par le Maroc depuis plus de 40 ans, la libération des prisonniers politiques sahraouis condamnés illégalement, l’arrêt du pillage des ressources naturelles sahraouies…

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L’action des manifestant-e-s a duré une heure.

Des protestations étaient également lancées contre l’expulsion systématique des observateurs (juristes, journalistes, militants des droits de l’Homme, syndicalistes, personnalités politiques...) du Maroc. Dans un courrier envoyé à Edouard Philippe, député-maire du Havre, le Comité de jumelage de Gonfreville l’Orcher a dressé l’inventaire. « Depuis avril 2014, 146 personnes de 14 nationalités différentes ont été expulsées du Sahara Occidental, auxquelles il faut ajouter 13 personnes expulsées du Maroc alors qu’elles étaient en visite pour enquêter sur les questions relatives aux Droits de l’homme. Chacun se souvient aussi de l’expulsion du député-maire Jean-Paul Lecoq. Des représentants d’ONG internationales ont été expulsés et certaines ONG n’ont pas le droit de travailler au Maroc. Ainsi, Human Rights Watch (USA), UVACT (Espagne), Avocats sans Frontières (Belgique), Frederich Newman (Allemagne), Amnesty International (Londres), Fondation Carter (USA). Les autorités marocaines n’ont pas hésité non plus à expulser les membres de la MINURSO (Mission des Nations Unies pour un référendum au Sahara Occidental).  » Dernière en date, Claude Mangin, ressortissante française épouse du prisonnier politique sahraoui Naâma Asfari**, n’a pas été autorisée à entrer au Maroc le 19 octobre. Elle espérait fêter ses 13 ans de mariage et apporter à son mari le réconfort dont il a besoin depuis qu’il a été arbitrairement arrêté et torturé suite au démantèlement du camp de protestation de Gdeim Izik en novembre 2010.

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François Lobit, sous-préfet du Havre, est venu prendre note des revendications.

Du haut du salon de réception de la mairie du Havre, le message semble avoir été perçu. La cérémonie officielle a dû être quelque peu tourmentée puisque, outre la mise en place rapide d’un dispositif policier et la ronde d’agents marocains, le sous-préfet est venu lui-même rencontrer les manifestant-e-s qui envisagent dès maintenant des actions pour dénoncer notamment le commerce illégal qui est fait avec les ressources naturelles sahraouies comme l’a rappelé la cour européenne de justice en annulant un accord commercial entre le Maroc et l’Union européenne.

Retrouvez l’album photo de la manifestation sur la page Facebook Ville de Gonfreville l’Orcher.

*Les personnes représentaient le Comité de jumelage de Gonfreville l’Orcher, l’association Camion citerne pour les Sahraouis, le Mouvement de la Paix, l’Arac, l’Ahseti, la CGT, les sections PCF du Havre et de Gonfreville l’Orcher, la municipalité de Gonfreville l’Orcher.

**A noter dans votre agenda. Projection de « Dis-leur que j’existe - Une histoire sahraouie » le 26 janvier à l’Espace culturel de la Pointe de Caux. Le film revient sur la situation de Naâma Asfari, militant sahraoui qui a été arbitrairement condamné à 30 ans de prison par un tribunal militaire marocain après le démantèlement du camp de protestation pacifique sahraoui de Gdeim Izik en novembre 2010. La projection sera suivie d’un débat avec Claude Mangin-Asfari (épouse de Naâma Asfari), Oubi Bouchraya (représentant du Front Polisario en France - sous réserve), Jean-Paul Lecoq (maire de Gonfreville l’Orcher, ancien député membre de la commission des Affaires étrangères) et un membre de l’équipe du film. Entrée libre.



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