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Risques majeurs

Un exercice PPI grandeur nature

Article mis en ligne le 24-03-2016 permalien

Un exercice grandeur nature se déroulait le 23 mars sur le site Chevron à Gonfreville l’Orcher. L’occasion pour les services de l’Etat, l’entreprise, le SDIS 76, le Samu, les secouristes et la Ville de tester leur coordination et leur réactivité.


Les uns après les autres, une quarantaine de (faux) blessés ont été pris en charge au pied de l’unité HOB2.

Le scénario coordonné par la préfète de la Seine-Maritime démarrait à 8h30 dans l’unité HOB2 (unité de fabrication de détergents surbasés). Suite à une défaillance sur une unité de fabrication, une fuite de solvant provoque la formation d’un nuage toxique inflammable qui explose et prend feu. Un opérateur donne l’alerte. Le Plan d’opération interne (POI) est déclenché. Les secours internes à l’entreprise interviennent. Devant la gravité de l’événement, les autorités sont informées. Il est envisagé de déclencher le Plan particulier d’intervention (PPI). Informée, la Ville de Gonfreville l’Orcher met alors en place un poste de commandement opérationnel (PCO) et active son Plan communal de sauvegarde (PCS). Près de 600 habitants riverains de la zone industrielle sont informés de la situation via un message envoyé à 10h20 avec l’AlertBox.

Sur le site Chevron, c’est l’effervescence. Rejoint par des cadres de la Direction régionale de l’environnement de l’aménagement et logement (Dréal) et de la Direction départementale des territoires de la mer (DDTM), la direction et le personnel sont mobilisés. Les secours arrivent de l’extérieur pour investir les alentours de l’unité HOB2. Une quarantaine de victimes est comptabilisée. Certaines sont bloquées dans l’installation, à vingt mètres de hauteur. Un travail pour les pompiers spécialisés du groupe de reconnaissance et d’intervention en milieu périlleux (GRIMP). Les blessé-e-s, valeureusement interprété-e-s par les élèves de l’Institut des soins infirmiers, sont acheminé-e-s vers le poste médical avancé où s’affairent médecins des pompiers et du Samu épaulés par des secouristes. Julia Russo, conseillère municipale déléguée à l’environnement, était également sur place pour observer les opérations.

Du fait du nombre de victimes à évacuer, dont neuf gravement atteintes, le Plan Orsec-Novi (nombreuses victimes) a été activé. Chaque victime est "étiquetée" et aiguillée vers une tente chauffée avant d’être transportée dans l’une des ambulances. Les grands brûlés sont évacués avec l’hélicoptère Dragon 76. C’est l’hôpital Jacques-Monod, mobilisé dans le cadre du Plan blanc, qui va accueillir la plupart des (faux) blessés, mais aussi les familles en recherche d’informations sur leurs proches.

Un poste de commandement opérationnel déplacé était installé dans le complexe Echecs-Arts martiaux.

Le poste de commandement opérationnel déplacé (PCO) est installé dans le complexe Echecs-Arts martiaux de la ville. François Lobit, sous-préfet du Havre, entouré de nombreux services, est en contact permanent avec la Préfecture. Jean-Paul Lecoq, maire, est également sur place. “On a des services très mobilisés, souligne le sous-préfet. Nous nous soucions beaucoup des risques technologiques. Dans cet exercice, nous avons voulu associer l’évacuation des personnes. Nous avons vu que la mise en route et la montée en puissance sont à améliorer. On a constaté que des numéros de téléphone ne fonctionnent plus.” Au lendemain des attentats survenus à Bruxelles, le scénario a été légèrement modifié. “On a un peu sous-joué la sécurité publique pour ne pas mobiliser trop d’effectifs sur l’exercice... Mais si, dans les jours qui viennent, il arrivait quelque chose sur la zone industrielle, nous serons meilleurs qu’avant.” Finalement, après analyse de la situation, le PPI n’a pas été lancé. “Nous avons vu que les moyens mis en place suffisaient pour contenir l’événement. Le scénario n’a donc pas obligé le déclenchement du PPI.

Resté sur le site Chevron, mis à l’arrêt pour les besoins de l’événement, Olivier Clavaud, directeur industriel de Chevron et président de l’association E-Secuzip-Le Havre, espère aussi beaucoup de ce type d’exercice. “Le risque zéro n’existe pas. Une ou deux fois par an, nous faisons des exercices sur les sites, mais avec des scenarios plus simples, pas avec cette ampleur. De multiples causes peuvent générer des incidents, depuis la météo jusqu’à la malveillance. Le PPI nous apprend à optimiser les interfaces, à trouver un langage commun. Plus on se connaît, plus les relations deviennent fluides. On définit beaucoup de choses en théorie. Là, on met en réel tous les espaces. Le réseau que nous développons depuis dix ans porte ses fruits. L’exercice nous permet de mieux faire connaissance “en temps de paix”. La confiance se construit au fil du temps. Parmi les acteurs de ce matin, j’en connais déjà beaucoup. Nous sommes fiers en tant qu’industriel de participer. Nous jouons notre rôle. La Préfecture a besoin de tester son plan. Ça ne marche que si un industriel accepte de jouer le jeu. J’encourage tous les industriels à participer à ce genre d’exercice. Il ne faut pas avoir peur. Un exercice, c’est fait pour se tromper et s’améliorer.

L’hélicoptère Dragon 76 a évacué les blessés les plus graves.

Jean-Paul Lecoq, maire, est un observateur avisé, il n’a donc pas hésité à recommander quelques mesures. “J’ai demandé que l’on arrête les trains et que tous les ponts soient baissés. Malheureusement, on a vu que cela n’a pas été mis en application. Le pont VIII a été levé vers midi alors que la capitainerie aurait dû demander l’avis du poste de commandement.” Prévu initialement début décembre 2015, cet exercice a mobilisé près de trois cents personnes. Le maire de Gonfreville l’Orcher en redemande. Le dernier date de 2005.“A l’époque, les sirènes PPI avaient été actionnées. La population avait aussi été invitée à se confiner. Je fais partie de ceux qui réclament des exercices plus régulièrement. Un tous les ans, sur des thèmes différents, ça ne serait pas de trop !

Avec dix sept sites industriels classés Séveso sur la zone industrielle et portuaire du Havre, les idées de scénarios ne manqueraient pas.

Retrouvez l’album photos sur la page Facebook Ville de Gonfreville l’Orcher.



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