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Culture de Paix

A l'écoute des survivants d'Hiroshima et de Nagasaki

Article mis en ligne le 26-05-2015 permalien

Le 23 mai, le temps a reculé de 70 ans à Gonfreville l’Orcher. Invités par la municipalité, huit Hibakuscha passagers du paquebot japonais Peace Boat sont venus présenter des témoignages poignants à propos des bombardements atomiques américains sur Hiroshima et Nagasaki d’août 1945. A l’époque, ces survivants avaient l’âge des jeunes auditeurs qui sont venus à leur rencontre.


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Une fresque réalisée dans le local Jeunes du quartier Teltow a été offerte aux Hibakusha.

Partis de Yokohama en avril, les Hibakusha retourneront chez eux en juillet après un périple qui passe par vingt-quatre pays (Thaïlande, Inde, Grèce, Espagne, Suède, Pologne, Russie, Finlande, Venezuela, Guatemala, USA...). Le Havre était la seule escale française de l’ONG Peace Boat. L’idée du projet « I was her age » (j’avais son âge) mise en avant cette année est judicieuse puisqu’il s’agit de s’adresser à des jeunes du monde entier pour qu’ils tentent de se mettre dans la peau des jeunes japonais d’il y a soixante-dix ans.

Paradoxalement, ce ne sont donc pas les vieilles personnes d’aujourd’hui qui s’expriment par la bouche des huit Hibakusha, mais les enfants qu’ils furent. Ils avaient entre 3 et 16 ans les 6 et 9 août 1945 quand les bombes atomiques américaines Little Boy et Fat Man ont été larguées sur Hiroshima et Nagasaki faisant plus de deux cents mille morts et quantité de blessés désespérés. Si la majorité de leurs familles et amis se comptait parmi les victimes, les hasards de la vie avaient éloigné certains enfants d’une mort atroce. D’autres, par exemple ensevelis sous les gravats des maisons soufflées par l’explosion, ont été plus ou moins protégés de la chaleur et des radiations. Ce qui n’empêchera pas la survenue de maladies, dont de nombreux cancers, tout au long de leur vie.

Les corps des survivants ont été martyrisés, mais que dire de leur esprit qui n’a jamais cessé d’être tourmenté du fait de la culpabilité d’être toujours en vie. Takako Kotani, l’une des survivantes, ventriloque, ne peut parler du drame que par l’intermédiaire d’une poupée qui représente son jeune frère mort à quatre ans des suites des brûlures dues aux radiations. Chacun des témoignages amène son lot d’atrocités difficilement surmontées au fil des ans.

Les jeunes présents, élèves du collège Gustave-Courbet, de l’accueil jeunes du quartier Teltow ou du conseil municipal jeune de Grigny (Essonne), ont vécu-là un cours d’histoire qu’ils n’oublieront jamais. Avec des voix douces et posées, les survivants les ont mis en situation en faisant des parallèles avec des exemples parlants. Le bruit d’un avion, les jeux d’enfants, et puis le fracas, le flash, l’obscurité subite, le souffle puissant, la chaleur intolérable. « Connaissez-vous la température du soleil ? Elle est de 5 000°c. Une bombe atomique peut atteindre 4 000°c. » Inimaginable. Les Hibakusha ont répondu patiemment à toutes les questions préparées en amont avec des professeurs ou des animateurs.

Les jeunes gens n’étaient pas les seuls à être émus et impressionnés par ces invités de marque qui ont reçu la médaille de la Ville des mains de Jean-Paul Lecoq, maire, en présence d’élus (notamment d’Alban Bruneau et de Fabienne Dubosq, adjoints au maire chargés de la Jeunesse, des Relations Internationales et de la Culture de paix), de représentants associatifs, d’enseignants et de Philippe Rio, maire de Grigny et président de l’AFCDRP-Maires pour la Paix, association dont est membre la commune.

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Les Hibakusha ont donné le coup d’envoi du tournoi international de football.

Outre la longue et passionnante conférence qui se tenait dans la salle du conseil municipal, la journée comprenait également une rencontre très chaleureuse au local Jeunes du quartier Teltow où a été confectionnée une fresque Peace Boat déclinable en huit rouleaux personnalisés offerts à chacun des Hibakusha par chaque jeune artiste gonfrevillais. Ce qui a produit des moments gais et souvent touchants. L’après-midi, un rendez-vous était prévu sur la pelouse du complexe sportif Maurice-Baquet où les Hibakusha donnèrent le coup d’envoi du tournoi international de football organisé par l’ESMGO. Pour finir, montant dans un car municipal, Daniel Colliard et Jean-Louis Jegaden, du Mouvement de la Paix, ont conduit une visite guidée dans Le Havre, autre ville martyre de la Seconde guerre mondiale, avant que la délégation japonaise ne remonte sur le Peace Boat.

Alors que l’on commémore les 70 ans de la Libération de l’occupation nazie, cette escale du Peace Boat est venue à point nommé pour partager la mémoire de l’horreur atomique et participer au développement d’une culture de paix dans un monde où la menace nucléaire demeure. « Et sachez qu’à Gonfreville l’Orcher, vous pourrez toujours compter sur nous et sur notre engagement pour combattre les armes nucléaires », a assuré Jean-Paul Lecoq en guise d’au revoir aux pacifistes et antinucléaires japonais puisque le Peace Boat reviendra en 2016.

Retrouvez la suite de nos reportages sur la venue des Hibakusha dans Actualités de juin, dans Go de l’été, sur le blog Jeunes gonfrevillais. Un album photo est visible sur la page Facebook Ville de Gonfreville l’Orcher.

Pour suivre la suite du voyage des Hibakusha, vous pouvez aller sur les pages Facebook Peace Boat et I was her age.



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