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Risques Majeurs

Le point sur le PPRT de la zone industrialo-portuaire

Article mis en ligne le 27-04-2015 permalien

Pour faire un point d’étape sur la mise en œuvre du Plan de prévention des risques technologiques (PPRT), une réunion publique était proposée le 23 avril dans l’ECPC en présence du sous-préfet, du maire et des représentants des services de l’Etat (DREAL, DTTM).


Réunion publique sur le PPRT
Une réunion publique sur la prévention des risques industriels se tenait jeudi 23 avril à Gonfreville l’Orcher.

Il s’agissait de la quatrième réunion publique organisée depuis 2010 à Gonfreville l’Orcher sur ce sujet très complexe. Habitants, élus et industriels ont répondu à l’invitation de Pierre Ory, sous-préfet du Havre, et des services de l’Etat.

La rencontre a commencé par une présentation claire de la situation. Les représentants de la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement de Haute-Normandie comme de la Direction Départementale des Territoires et de la Mer de Seine-Maritime ont détaillé l’évolution du plan de zonage qui, ces dernières années, a fort heureusement restreint certains périmètres dangereux du fait de la réduction des risques à la source. "Le temps a semblé long, mais ce temps était nécessaire, a souligné Pierre Ory, sous-préfet. Un énorme travail de recensement a été fait dans la zone industrielle elle-même et la zone s’est réduite en cinq ans."

Le PPRT de la zone industrialo-portuaire signale que 350 habitations gonfrevillaises sont "faiblement" concernées par les aléas toxiques, thermiques ou liés à des risques de surpression. Selon des études d’experts, le coût global estimé des travaux de renforcement des habitations (de la pose de films protecteurs sur les vitres au remplacement complet des fenêtres et menuiseries) varierait entre 1 million et 3,9 millions d’euros.

Le débat n’est pas encore tranché entre adopter une prescription (qui rendrait obligatoires les travaux de renforcement) et une recommandation (qui laisserait les habitants libres de sécuriser ou pas leur maison). En théorie, dans le cas d’une prescription, les coûts seraient financés par les industriels et les collectivités (25% du montant pour chacun). L’Etat participerait en accordant 40% du coût en crédit d’impôt. Globalement, les coûts seraient donc soutenus à 90%.

10% du coût des travaux resterait ainsi à la charge des habitants. Le coût moyen par maison estimé restant à la charge des propriétaires varierait donc entre 170 euros (pour un filmage des vitres) à 1600 euros (pour le remplacement des fenêtres et menuiseries). Une idée qui ne convient pas du tout aux riverains organisés dans l’association des Côtes Blanches* ou dans celle des Neiges. "Nous sommes des ouvriers. Nous ne paierons pas un seul centime pour les travaux", ont affirmé en chœur les riverains.

Jean-Paul Lecoq, maire, a soutenu ce point de vue. Faisant écho au débat national animé par le réseau Amaris (association nationale des collectivités pour la maîtrise des risques technologiques majeurs) dont la Ville est membre, il s’est également prononcé en faveur de prescriptions. "Dans la mesure où le risque existe, il faut que chacun puisse avoir la meilleure protection possible. Ici, nous voulons la sécurité maximum pour tous et aucun coût pour les habitants. De plus, nous mettons en garde sur le fait que le gouvernement garantit le financement jusqu’en 2017. Et après ? Rien ne dit qu’un nouveau gouvernement, ou de nouvelles conditions financières, reconduiraient les dispositifs existants. Attention, rien n’est acquis à tout jamais."

La question des petites entreprises situées dans la zone a été posée plusieurs fois. Aucune aide au financement n’est prévue dans leur cas. 250 sont situées dans le périmètre PPRT. 64 seraient concernées par des mesures de délaissement ou une expropriation. De nombreux bureaux, hangars et ateliers ne résisteraient pas à une surpression et le coût des travaux de renforcement serait supérieur à la valeur vénale des biens. Ce qui fait craindre naturellement pour l’emploi. "Le but n’est évidemment pas de vider la zone industrielle, a rassuré Pierre Ory. L’industrie locale est une source de richesses considérable. Il faudra prendre des décisions qui soient justes pour tous. Il faut trouver le point d’équilibre. Le PPRT ne doit pas être un frein pour le développement industriel. Le message que je vous passe ce soir, c’est que rien n’est figé. La démarche est exigeante, à la hauteur des grandes zones industrielles de France. Nous sommes dans un processus qui continue d’avancer. Tout évolue. Il y a une prise de conscience collective car il faut bien avoir en tête que tout ça n’est pas né d’un délire technocratique." La mise en place des PPRT encadrés par la loi dite "Bachelot" du 30 juillet 2003 fait en effet suite à la catastrophe survenue le 21 septembre 2001 à Toulouse. L’explosion de l’usine AZF avait provoqué la mort de 31 personnes, fait 2 500 blessés et engendré de très lourds dégâts matériels.

La suite du calendrier local a été dévoilée au cours de la réunion. Les estimations foncières seront achevées en juin. Des recherches supplémentaires pour réduire les risques aux sources vont se poursuivre jusqu’en septembre. Le projet de règlement du PPRT est en cours de rédaction. Il s’agit d’un travail long et rigoureux. La consultation des personnes et organismes associés (POA) se fera fin 2015. Une enquête publique sera enfin réalisée entre le premier et le deuxième trimestre 2016.

Plus d’informations (guides, fiches d’information, FAQ…) sur le site www.spinfos.fr

* Contact de l’association des Côtes Blanches au 06 79 82 57 16.



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