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Education prioritaire

Une cavalcade et une lettre ouverte à la ministre

Article mis en ligne le 26-01-2015 permalien

Le collectif gonfrevillais contre la sortie du réseau d’éducation prioritaire organisait une cavalcade le samedi 24 janvier pour se faire entendre de l’Education nationale. Parallèlement, une lettre ouverte a été envoyée à la ministre Najat Vallaud-Belkacem.


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Le collectif qui réunit parents, enseignants, personnels des écoles et élus organisait une cavalcade le 24 janvier.

Les assemblées générales du collectif gonfrevillais contre la sortie de trois écoles du réseau d’éducation prioritaire sont toujours très animées. Le 23 janvier, parents d’élèves, enseignants, personnels des écoles et élus faisaient le point sur les démarches entreprises ces derniers jours.

Un blocage d’école le 12 janvier, une rencontre avec l’inspection d’académie le 14 janvier, une journée école morte très bien suivie le 21 janvier, la collecte de près de 900 signatures sur une pétition… la mobilisation ne faiblit pas, mais cela semble insuffisant pour être écoutés. Selon les informations parcellaires qui nous parviennent, l’école primaire et la maternelle de Gournay-en-Caux ainsi que la maternelle de Turgauville pourraient effectivement sortir du réseau d’éducation prioritaire dès la rentrée prochaine.

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Le 21 janvier, la journée "écoles mortes" a montré la détermination des parents d’élèves.

En conséquence, après avoir envoyé une lettre ouverte à la ministre de l’Education nationale*, le collectif organisait une cavalcade bruyante le samedi 24 janvier pour se faire entendre. Au départ, place de la mairie, on comptait une centaine de personnes parfois costumées. Au son des tambours, la marche a progressé vers la zone commerciale où de nouvelles pétitions ont été remplies dans la bonne humeur. En attendant le rendez-vous pris avec la directrice académique des services de l’Education nationale de Seine-Maritime, le collectif a annoncé des actions dans les écoles cette semaine, à partir du 27 janvier.

Lettre ouverte à Madame Najat Vallaud-Belkacem, Ministre de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

NON A LA SORTIE DE NOS ECOLES DU RESEAU DE REUSSITE SCOLAIRE.
NON AUX « ECOLES ORPHELINES » POUR NOTRE COMMUNE !

Le 20 janvier 2015

Madame La Ministre,

Dans le cadre du Projet de Refondation de l’Ecole, vous avez demandé aux services de l’Education Nationale de revoir la carte scolaire, plus particulièrement en ce qui concerne les Réseaux de Réussites Scolaires, futur Réseaux d’Education Prioritaire. Cette révision impacte de plein fouet notre commune et trois de ses écoles : l’école maternelle Turgauville et les écoles maternelle et élémentaire de Gournay-en-Caux.

Nous sommes dans l’incompréhension et la colère face à ce projet qui semble contraire aux engagements du Président de la République et du Gouvernement. Vous-même déclariez il y a peu « rien n’est plus précieux que l’avenir de nos enfants ».

Est –il normal dans ce cas qu’une logique comptable détermine vos décisions ? Il apparaît que la réforme correspond à une redistribution des moyens alloués à l’éducation prioritaire plus qu’au projet d’envergure présenté dans les médias. Nous assistons à un jeu de chaises musicales où les sorties compensent les entrées et dont nous sommes les victimes.

Votre administration s’abrite derrière les chiffres de l’INSEE pour justifier ses projets. Ceux que nous avons en main remontent à 2009, nous sommes en 2015 ! Entre temps, la crise, vous ne l’ignorez pas, a durement frappé le pays et notre commune. En ce qui concerne l’école Turgauville, personne à l’Education nationale n’a encore été en mesure de nous expliquer pourquoi le taux de chômage des parents de l’école maternelle était de 17 points inférieur à celui de la primaire attenante dont les élèves sont les frères, sœurs et voisins des précédents !

Nous refusons notre expulsion du réseau et l’apparition d’écoles orphelines. Nous refusons que l’avenir de nos enfants soit sacrifié suite aux conséquences d’une sortie du REP :

- La disparition dans nos écoles de la scolarisation des enfants dès 2 ans alors qu’elle est un puissant levier de lutte contre les inégalités. Le Président de la République en avait lui-même fait un engagement prioritaire de sa campagne présidentielle de 2012.

- Des fermetures de classes et une augmentation des effectifs à moyen terme et par voie de conséquence le risque de disparition de l’école maternelle de Gournay-en-Caux.

- la fin des accompagnements éducatifs par les enseignants auprès de nos enfants.

- des équipes enseignantes déstabilisées et qui risquent de s’essouffler face aux difficultés des élèves.

Aujourd’hui, les résultats des évaluations de nos enfants sont meilleurs ! C’est la preuve de l’efficacité du Réseau ! Or, c’est, entre autre, au nom de ces résultats que notre sortie du Réseau est justifiée. Nous récusons cette logique absurde ! Face à elle, nous avançons la logique du terrain, des parents, des élèves, des professeurs des écoles, de la municipalité. Et, nous tous, réclamons le maintien de ce dispositif. Ne sacrifions pas une génération d’enfants à attendre que les résultats fléchissent !

A l’heure où nous vous écrivons, nous avons encore à l’esprit les heures terribles qui ont frappé notre pays. Monsieur Le Président de la République et vous-même, avez signifié que les attentats et les actes terroristes étaient liés au manque d’éducation et d’instruction de notre jeunesse. Nous partageons ce constat. Mais, en l’espèce, nous avons l’impression que les décisions qui se préparent, Madame la Ministre, contredisent ce discours.

Notre jeunesse a besoin de plus d’éducation, plus d’école, pour développer son esprit critique, favoriser le vivre ensemble, la mixité sociale, faire vivre le sentiment républicain, repousser la tentation du repli communautaire...

Il est impératif d’offrir aux enfants de Gonfreville l’Orcher et d’ailleurs, aux jeunes des villes et des quartiers pauvres comme les nôtres, des perspectives d’avenir et de leur montrer concrètement, au quotidien, que le pays ne les néglige pas et ne les oublie pas.

Après avoir présenté nos inquiétudes et nos arguments à l’inspecteur de notre circonscription qui nous a promis de les transmettre, nous nous en remettons à vous. Nous avons formulé une demande de rendez-vous à Madame le Recteur de l’Académie de Rouen qui, pour l’heure, ne nous a pas répondu. Nous sommes décidés à poursuivre le combat pour l’avenir de nos enfants, au nom de l’égalité et parce que nous sommes malheureusement convaincus que si nous ne nous mobilisons pas pour ces trois écoles, c’est l’ensemble de notre Réseau qui est menacé à terme !

Le Collectif Gonfrevillais mobilisé contre la sortie du RRS/REP



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