Vous êtes ici : Accueil>
Solidarité internationale

Des civils sahraouis devant un tribunal militaire marocain

Article mis en ligne le 07-02-2013 permalien

Pierre Lebas, conseiller municipal gonfrevillais, s’est rendu au Maroc pour assister au procès de 24 Sahraouis. Commencé le 1er février, il doit reprendre le 8 février. La Ville de Gonfreville l’Orcher, solidaire du peuple sahraoui depuis bientôt 20 ans, s’inquiète pour le sort de ces militants qui se battent contre l’occupation marocaine.


Pierre Lebas, conseiller municipal gonfrevillais, était au Maroc le 1er février pour assister au procès de militants sahraouis.

En présence du maire de Gonfreville l’Orcher, Pierre Lebas, conseiller municipal mandaté par la Ville, porte-parole des élus communistes et républicains, a fait un compte-rendu de son séjour à Rabat (Maroc) le 7 février.

Rappel des événements qui ont abouti à ce procès. En octobre 2010, plus de 20 000 Sahraouis on quitté El Aaiun pour installer dans le désert un camp où ils entendaient défendre leurs droits politiques, économiques et sociaux. Depuis le violent démantèlement du camp par les autorités marocaines, manifestations et arrestations se succèdent. Cinquante-six prisonniers sahraouis croupissent depuis dans les geôles marocaines. Vingt-quatre d’entre eux sont détenus à la prison de Salé au mépris du droit international comme du droit marocain. Victimes de tortures, ils ont mené plusieurs grèves de la faim pour alerter l’opinion internationale.

Après avoir subi déjà deux reports, leur procès devait commencer le 1er février à Rabat devant un tribunal militaire d’exception bien qu’ils soient tous des civils. Pierre Lebas était présent au titre d’observateur au sein d’une délégation internationale composée d’avocats européens, de membres d’Amnesty International, d’Amis de la République arabe sahraouie démocratique (ARASD) et de la Plateforme de solidarité avec le peuple sahraoui.

Malgré une apparente “normalité” et une fausse courtoisie, les observateurs internationaux soulignent que le procès ne répond à aucune norme légale permettant d’espérer un procès équitable. « C’était trop bon enfant pour être honnête, commente Pierre Lebas. Les autorités marocaines veulent faire croire que tout se passe bien, mais ce n’est qu’une apparence. En vérité, le tribunal était plein de militaires et de policiers en civil. Tout le monde était pris en photo. »

Après quelques débats assez tendus et trois heures de suspension de séance, le procès a été finalement repoussé d’une semaine. Sans doute pour décourager les observateurs qui ne pouvaient pas rester indéfiniment sur place. « Nous sommes inquiets pour les accusés. Ils risquent gros et même la peine de mort », précise l’élu gonfrevillais.

Pendant son séjour au Maroc, la délégation a notamment eu l’occasion de rencontrer l’association marocaine des droits de l’homme, l’association sahraouie des victimes des violations des droits humains commises par l’Etat marocain et le comité des familles de prisonniers politiques sahraouis de Geim Izik. Une conférence de presse a exposé la situation des prisonniers politiques et a tenté de rétablir certaines vérités en réponse aux allégations véhiculée par la presse marocaine.

L’association marocaine des droits de l’Homme a reçu la délégation internationale à Rabat.

Le 2 février, la situation était commentée au palais du Luxembourg, à Paris, où se tenait, malgré de fortes pressions, une conférence sur le respect des droits de l’homme au Sahara Occidental. Initiée par Leïla Aïchi, sénatrice Europe Ecologie membre de la commission des Affaires étrangères et du groupe d’amitié France-Maroc, la conférence a réuni au Sénat des juristes, des parlementaires, des associations internationales dont les Amis de la RASD. Dans un communiqué final, les participants à la conférence estiment que la France “porte-étendard de la défense des droits de l’homme dans le monde” s’honorerait en favorisant “une solution démocratique et éthique dans le respect du droit des peuples à l’autodétermination, comme le préconise la Minurso.”

Malgré les manœuvres des autorités marocaines, des observateurs internationaux seront à nouveau présents dès le 8 février à Rabat pour suivre le procès des 24 militants sahraouis. Parmi les Français, France Weyl (membre de l’association des juristes démocrates), Michèle Decaster (membre du Bureau international pour le respect des droits de l’homme au Sahara Occidental), Claude Mangin-Asfari (épouse de Ennaâma Asfari, juriste sahraoui militant des droits humains qui figure parmi les accusés) et Joëlle Toutain (membre de l’association havraise Un Camion citerne pour les Sahraouis) ont fait le déplacement.



Enregistrer au format PDF

Répondre à cet article

Voir tous les évènements


WEB TV

PROGRAMMATION CINÉMA MUNICIPAL

Programmation Cin�ma Municipal