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Solidarité internationale

Jean-Paul Lecoq défend le peuple sahraoui devant les Nations Unies

Article mis en ligne le 17-10-2012 permalien

Jean Paul Lecoq, maire de Gonfreville l’Orcher, était à New York le 10 octobre pour s’exprimer devant la quatrième Commission des Nations Unies chargée des questions de décolonisation.


Jean-Paul Lecoq avant son intervention devant la commission des Nations Unies chargée des questions de décolonisation.

Mandaté par la municipalité, Jean-Paul Lecoq s’est rendu pour la quatrième fois au siège de l’ONU pour défendre les revendications du peuple sahraoui. Hélas, les choses ont peu évolué depuis 1997, date du premier déplacement.

Comme les autres pétitionnaires présents, Jean-Paul Lecoq a défendu le droit des Sahraouis à l’autodétermination, tout en déplorant l’incapacité de l’ONU à faire respecter les droits de l’homme à travers le mandat de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO). Disposition refusée par le Maroc avec, jusqu’à présent, le soutien de la France.

A cette occasion, un point a été fait avec différentes représentations diplomatiques. Jean-Paul Lecoq s’est ainsi entretenu avec la représentation espagnole à l’ONU ainsi qu’avec la française qui l’avait déjà reçu en tant que député membre de la commission des Affaires étrangères. Un tour d’horizon qui a permis de mesurer le niveau de prise en compte du dossier Sahara occidental par les Etats.

Voici le texte intégral de l’intervention de Jean-Paul Lecoq auprès de la quatrième commission de décolonisation de l’Assemblée Générale des Nations-Unies :

"Permettez-moi tout d’abord de vous remercier Mesdames et Messieurs les honorables membres de la Quatrième Commission de décolonisation, d’avoir bien voulu m’accueillir pour la quatrième fois depuis 1997, à l’occasion de vos travaux sur le Sahara Occidental.

Mesdames, Messieurs,

Je suis particulièrement sensible à la cause sahraouie qui se nourrit du jumelage que ma ville a signé en 1993 avec la représentation dans les campements de la ville de J’Réfia.

J’ai une conviction que je partage notamment avec l’Association AARASD (Association des Amis de la République Arabe Sahraouie Démocratique) que la volonté des peuples s’impose toujours en dépit des obstacles. C’est cet idéal que nous défendons avec détermination.

En 2010, en signe symbolique de protestation pacifique contre le piétinement de leurs droits, des milliers de sahraouis ont quitté Lâayoune vers Gdeim Izik, s’installant dans un "campement de la liberté". Peu après, l’armée marocaine est intervenue violemment afin de démanteler ce campement et faire taire cette protestation.

Le 7 novembre 2010, en qualité de député, voulant me rendre dans ce camp apporter mon soutien à ce peuple qui se mobilise – y compris dans la zone occupée - je fus arrêté à Casablanca et expulsé le lendemain vers Paris.

Que voulait cacher le pouvoir marocain ? Si ce n’est l’assaut, sans ménagement, du camp abritant 20000 Sahraouis, le 8 novembre au matin.

Les arrestations arbitraires ont suivi, dont les "24 prisonniers de Salé", subissant tortures et mauvais traitements, survivant dans des conditions inhumaines. Un tribunal militaire d’exception devrait les juger le 24 octobre. En tant que civils, ils refusent un procès d’exception et réclament un procès civil équitable, soutenus par de nombreuses associations.

Les autorités marocaines ne répondent pas aux sollicitations des demandes d’ouvertures d’enquêtes au sujet des sévices dont ils sont victimes.

C’est en application du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, de son choix libre et souverain de définir la forme de son régime politique, indépendamment de toute influence étrangère, que j’ai milité aux côtés du peuple sahraoui, que ce soit à l’Assemblée Nationale ou au Conseil de l’Europe.

Toutes vos résolutions ont confirmé la justesse de cet engagement. Mais il existe pour nombre d’Etats des intérêts politiques et économiques avec le Maroc si puissants, qu’ils soutiennent de fait le point de vue marocain tout en approuvant, dans le même temps, les résolutions des Nations Unies.

Depuis plusieurs années, le Front Polisario et nombre d’Etats attentifs à la situation au Sahara Occidental réclament un élargissement des missions de la MINURSO, pour surveiller également le respect des droits de l’Homme. Le Maroc s’y oppose résolument soutenu jusqu’à présent par la France.

Comme l’a déclaré François Hollande, le Président de la République française, dans son discours devant la Haute Assemblée de l’ONU : "quand il y a paralysie, quand il y a de l’inertie, quand il y a de l’inaction, alors l’injustice, l’intolérance peuvent trouver leur place. Nous devons agir, agir pour prendre nos responsabilités, … agir aussi pour un autre monde… agir, agir toujours, agir ensemble, et être à la hauteur…. de l’attente des peuples".

Je partage ce point de vue, en précisant bien "à tous les peuples".
Et pour s’accorder avec ces déclarations, la France doit faciliter en avril l’élargissement du mandat de la MINURSO et favoriser ainsi les conditions d’une réelle liberté d’expression pour tous les Sahraouis, première étape de leur liberté politique et de vote.

"S’il n’y a pas de justice, il n’y aura jamais de paix nulle part." Le peuple sahraoui comme le peuple marocain ont tout à gagner à ce que ce conflit cesse et que chacun vive dans le respect de l’autre. Et tout conflit résolu où qu’il se trouve, même sur le plus petit territoire de la terre, est un bien pour l’humanité.
Je vous remercie de votre bienveillante attention."

Un résumé des interventions des pétitionnaires est disponible sur le site de l’Assemblée générale de l’ONU.

Les amis de la cause sahraouie sont particulièrement mobilisés à l’approche du procès de prisonniers politiques au Maroc. Voici ci-dessous deux occasions de manifester sa solidarité envers un peuple qui demande légitimement son droit à l’autodétermination.

Manifestation à Paris

En soutien aux prisonniers politiques sahraouis arrêtés arbitrairement et aux militants sahraouis qui passeront en procès le 24 octobre devant un tribunal militaire d’exception, la Plateforme de Solidarité au Peuple du Sahara Occidental (Association des Amis de la République Arabe Sahraouie Démocratique, Association de la Communauté sahraouie en France, Association des Sahraouis en France, CEDETIM, CORELSO, FASTI, Mouvement de la Paix, MRAP, Plateforme de solidarité avec le peuple sahraoui…), avec le soutien de la CGT, de l’Union syndicale Solidaires, d’Europe Ecologie Les Verts, de la FASE, des Alternatifs, du NPA, du Parti de gauche, du PCF…, organise une manifestation le samedi 20 octobre, à 15h, sur l’esplanade des Droits de l’Homme du Trocadéro à Paris.

Pétition internationale

Une pétition (en anglais, français et espagnol) est en ligne pour demander la libération des prisonniers sahraouis s’ils ne peuvent pas bénéficier d’un procès équitable et transparent. Une cyberaction est également en cours pour demander la libération de tous les prisonniers d’opinion sahraouis.



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